VOTRE DEPUTEE
Portrait
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Françoise Castex a été
élue le 13 juin 2004 Députée européenne dans la
circonscription Sud-Ouest (Régions Midi-Pyrénées, Aquitaine
et Languedoc Roussillon) sur la liste "Et maintenant,
l’Europe sociale" du Parti Socialiste.
Cette Gersoise, née le 7 février 1956 à Agadir (Maroc), était jusqu'à son élection chargée de mission au ministère des Affaires étrangères, responsable de la Coopération éducative et du Développement social. |
"Les différents
engagements qui jalonnent mon parcours fondent mon identité
aussi surement que mon identité formelle et les éléments de
mon CV.
Ils sont affaire d'incorporation de cultures, de savoirs
collectifs, de valeurs. Ils sont construits par l'expérience
et les rencontres marquantes de mon existence.
Ils dessinent une identité politique que j'exprime et
développe depuis 1992 au sein du Parti Socialiste.
Ils me
permettent, non seulement de me présenter, mais de vous dire
: voici d'où je parle, voici ce qui me fait agir !
J'ai
coutume de dire que je suis entrée en politique par
l'engagement syndical (j'ai été Secrétaire Générale adjointe du Syndicat de
l'Education Populaire, SEP-FEN-UNSA de 1990 à 1998)
et par le militantisme
associatif au service de l'Education Populaire et des Droits
de l'Homme
(J'ai été Présidente départementale du Gers de la LDH de
1992 à 1998 et membre du Comité Central de la Ligue des
Droits de l'Homme de 1995 à 1998).
Mon
métier est une spécificité française, il est aussi un
déterminant de mon engagement politique.
Le métier de "Conseiller d'Education Populaire et de
Jeunesse" est crée à la Libération pour accompagner l'essor
des mouvements et associations d'Education Populaire
L'originalité de l'Education Populaire est d'être un
carrefour de plusieurs traditions politiques, socialisme,
catholicisme social, communiste, qui, avec des présupposés
philosophiques différents, se retrouvent dans l'objectif de
l'éducation à la citoyenneté, l'émancipation collective et
individuelle et dans les mêmes pratiques d'actions
collectives, de militantisme et de bénévolat.
La philosophie qui fonde l'Education Populaire est
l'émancipation de la personne par l'éducation et la culture,
par la participation à des activités collectives de loisirs.
Sa méthode pédagogique est la pédagogie active et la prise
de responsabilité individuelle.
De cette
pratique professionnelle qui est aussi un engagement
militant, je garde la conviction que la citoyenneté se
conquiert, se construit par l'action et notamment par
l'action collective.
Elue au
suffrage universel en juin 2004, je suis membre de la plus
grande assemblée multinationale du monde. Le Parlement
européen représente plus de 455 millions de citoyens
européens.
D’un point de vue juridique, il n’existe pas aujourd’hui de
citoyenneté européenne indépendante de la citoyenneté
nationale: c’est le fait d’être citoyen d’un pays de l’Union
qui confère la citoyenneté européenne. Les droits politiques
qui sont accordés, dans certains pays, aux étrangers venant
d’un autre pays membre de l’Union européenne après un temps
de séjour, ne concernent que les élections locales et
européennes. Par ailleurs, l’Union européenne accorde les
mêmes droits civils, économiques et sociaux, à travers tout
l’espace communautaire, non seulement aux citoyens des États
qu’elle regroupe, mais aussi aux étrangers qui y sont
régulièrement installés.
D’un point de vue politique, tous les membres de l’Union
européenne se réfèrent au principe de citoyenneté, mais avec
des pratiques et des institutions qui varient d’un pays à
l’autre, selon l’histoire de la formation de l’État et de la
Nation.
Les
français, depuis la révolution de 1789 entretiennent avec le
terme de Citoyen/Citoyenne un rapport passionnel qui a peu
faibli avec le temps. Je le partage.
Cette interpellation était à l'époque
aussi chargée de sens politique que peut l'être le terme de
« Camarade ». Terme que je ne me prive pas d'utiliser au
sein du Parti Socialiste.
Le concept de citoyenneté est toujours d'actualité. Pour moi,
il est toujours chargé du sens des mouvements qui ont
traversé toute l'Europe au cours du 19ème siècle, avec
l'apparition de la question sociale.
En France, le temps fort est notre deuxième révolution de
1848 beaucoup moins consensuelle parmi nos compatriotes car
elle inaugure le clivage Droite/gauche sur la citoyenneté et
la question sociale.
Le concept de citoyen issu de la Révolution de 89 était
construit sur le rapport à la Nation. Il se voulait
universel mais excluait les femmes (jusqu’en 1945), il
intégrait certains étrangers (en fait un seul connu !), mais
exclu toujours les immigrés.
La question que posent les révolutionnaires de 1848 est de
garantir l'exercice effectif de la citoyenneté formelle
c'est à dire du droit de vote par la garantie de conditions
de vie décente et par l'éducation.
En l'absence de citoyenneté sociale, on s'aperçoit que la
citoyenneté formelle est un leurre.
Le niveau d'abstention aux
élections est en corrélation directe avec les conditions de
vie des gens.
Avec un certain cynisme, certains dirigeants politiques
intègrent l’abstention massive des classes populaires et
réduisent la citoyenneté à sa dimension « capacitaire » plus
économique qu’intellectuelle : le citoyen, c’est l’électeur,
c'est-à-dire l’individu intégré, producteur et consommateur.
Dans quelle mesure le développement des institutions
politiques, à l’échelle européenne, se conjugue-t-il avec le
développement d’une véritable citoyenneté européenne?
L'Europe et les régions – et non plus le seul État national
- traitent désormais des problèmes de la pauvreté, de
l’emploi, de l’éducation, de la rénovation urbaine et rurale,
de l’égalité des sexes.
Des identités multiples se construisent, ainsi que des
droits et des devoirs divers qui s’expriment à travers des
institutions de plus en plus nombreuses: une configuration
nouvelle s’élabore dans laquelle les stratégies des
instances politiques nationales, régionales et européennes,
des groupes d’intérêts transnationaux se combinent de
manière complexe.
La nouvelle citoyenneté qui émerge à travers ces
dispositions, ces institutions et ces actions, ne sera sans
doute, plus uniquement nationale, ni cosmopolite du fait des
migrations et de la mobilité des personnes mais multiple.
Nous allons devoir apprendre à vivre, à nous construire
comme personne et comme citoyen, avec des identités croisées,
mêlées, emboitées.
Avec le développement des courants altermondialistes
apparaît un nouveau concept qui est celui de « citoyens du
monde ».
Je suis
certaine que la citoyenneté européenne ne se construira que
sur des droits sociaux européens communs.
Elle sera sans nul doute, le fruit d'une véritable éducation
à l'Europe. Non pas une éducation "académique" transmise
mais une éducation vécue, sentie, incorporée. De celles qui
traversent l'existence et laissent l'empreinte d'une culture
nouvelle.
Elle sera certainement le résultat de mouvements collectifs,
de mouvements sociaux et citoyens à l'échelle européenne. De
ceux qui entrent dans l'histoire collective et que l'on
célèbre encore dans les générations suivantes. Elle sera
forcement une construction humaine et non technocratique. De
celles qui s'élaborent dans les forums et les hémicycles,
dans le conflit créateur.
Cette
citoyenneté européenne, je sais qu'elle trouvera son chemin
dans l'Europe sociale. "
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