Les GOPE
sont le principal instrument de coordination des politiques économiques des Etats membres dans le cadre de la stratégie de Lisbonne. Ce document est arrêté par le Conseil, sur recommandation de la Commission et après que le texte soit passé par le Conseil européen, pour une période de trois ans (prochain cycle: 2008-2010). Les GOPE sont associées aux grandes orientations pour l'emploi; on parle alors des "lignes directrices intégrées pour la croissance et l'emploi".
La stratégie de Lisbonne
a été lancée en mars 2000 durant le Conseil européen de Lisbonne. Elle vise à rendre l'économie de l'Union plus compétitive, en se fondant sur l'innovation et la connaissance. Elle repose sur trois piliers : économique, social et environnemental.
En prévision de l'adoption par le Conseil des nouvelles grandes orientations des politiques économiques (GOPE) des Etats membres, les députés européens ont discuté puis voté, le 20 février 2008, un rapport proposant des modifications aux lignes directrices qui encadreront les politiques économiques des pays de l'Union de 2008 à 2010.
Dynamiser la croissance de l'Union Européenne, lui donner un rôle actif dans les échanges internationaux, améliorer la transparence financière ou encore moderniser les administrations publiques nationales: l'Europe doit plus que jamais adapter ses politiques économiques aux défis de la mondialisation après la tempête financière qui a éclaté en 2007.
Un objectif affirmé: croissance et stabilité économique
L'objectif des grandes orientations des politiques économique est clair : "l'Europe doit accroître son potentiel de croissance pour générer des emplois". Bien que l'accent mis sur l'objectif emploi soit foncièrement positif, Françoise Castex déplore la trop faible présence de préoccupations sociales, et ce en dépit des remaniements faits au sein de Parlement Européen.
Plusieurs mesures sont envisagées afin de donner un coup d'accélérateur à l'économie européenne : aide aux petites et moyennes entreprises (PME), révision du taux de change de l'euro, considéré trop élevé, ou bien encore approfondissement de la coordination des politiques économiques des Etats-membres.
Françoise Castex rappelle pourtant que "nous ne devons jamais oublier que la croissance économique n'est pas une fin en soi : elle ne peut exister qu'en étant au service de la cohésion sociale". Elle se réjouit donc qu'au milieu des considérations économiques du rapport, les députés socialistes aient pu réaffirmer une notion centrale à leurs yeux: une répartition juste des richesses produites par la croissance économique.
L'Union à la conquête de la mondialisation
Le souhait des députés de modifier les orientations économiques déjà en vigueur se justifiait par l'évolution accélérée de la conjoncture mondiale. Il est vrai que la mondialisation apporte de nombreux défis auxquels l'Europe ne répond pas aussi efficacement qu'elle le pourrait. Les députés souhaitent pour cette raison changer l'attitude de l'Union : celle-ci doit désormais être active, et non subir la mondialisation. La crise financière de 2007 a en effet été un cruel révélateur de la fragilité de nos systèmes financiers. L'Europe doit pouvoir exploiter sa puissance afin de modeler la mondialisation selon les valeurs qui sont les siennes : solidarité, démocratie, Etat de droit et défense des droits de l'homme. De ce fait, le rapport préconise de développer la dimension extérieur du marché intérieur, en renforçant les partenariats économiques avec les pays tiers, et en défendant les valeurs européennes au sein des organisations internationales et dans les relations transatlantiques.
Françoise Castex met cependant en garde, car "ce ne sont pas les accords commerciaux seuls qui nous permettront de transmettre nos valeurs. L'Europe continuera d'œuvrer pour la solidarité entre les peuples tant qu'elle maintiendra des relations privilégiées avec les pays du sud et qu'elle gardera un rôle central dans l'aide au développement".
Et dans les domaines environnemental et social ?
Quelques considérations autres que celles purement économiques et financières ont somme toute pu trouver une place dans le document. Ainsi, les liens entretenus entre l'économie et les domaines social en environnemental ont été abordés par les députés.
Pour lutter contre le réchauffement climatique, l'Europe devra utiliser les mécanismes de marché à sa disposition. Il a ainsi été envisagé de calculer la charge fiscale en prenant comme référence la dégradation environnementale et non plus le travail seulement. En outre, une synergie entre croissance économique et protection de l'environnement devra être recherchée en développant l'utilisation des technologies propres. Pour Françoise Castex, "seulement ainsi l'Europe pourra parvenir à fonder son modèle économique et social sur l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables".
Plusieurs notions chères à Françoise Castex ont également été évoquées: lutte contre le chômage et l'exclusion sociale, une approche de l'emploi fondée sur le cycle de vie ou encore l'importance de l'éducation et d'une formation continue tout au long de la vie. Les députés européens ont en outre souligné le rôle que peut jouer l'Union européenne dans la gestion des flux migratoires, et notamment les migrations pour raisons économiques.
Le Parlement européen a travaillé sur la base d'une communication de la Commission européenne, en y apportant des modifications. Le document sera dès lors transmis au Conseil qui tiendra compte des avis exprimés par le deux institutions et des conclusions présentées par le Conseil européen avant d'arrêter le texte final.