L’avionneur européen Airbus a confirmé le mercredi 28 février, la suppression de 10 000 emplois en Europe, dont 4 300 en France, dans le cadre du Plan Power 8.
Le fleuron de l’aéronautique européenne devenu leader mondial dans la fabrication d’avions supprimera 10 000 postes en Europe dans les quatre prochaines années : 3700 en Allemagne, 3200 en France auxquels il faut ajouter les 1100 suppressions pour le siège central d’Airbus situé à Toulouse-Blagnac, 1600 en Grande-Bretagne et 400 en Espagne. Certes, aucun licenciement sec n’est annoncé et le Président Louis Gallois a indiqué que seront proposées des départs volontaires, des mutations internes, et des départs anticipés en préretraites. Mais comment comprendre qu’alors que les carnets de commande d’Airbus atteignent des chiffres record, que les retards de l’A 380 exigent un travail intense, que la solution proposée soit de réduire les effectifs de salariés ? Ces mêmes salariés, cadres, employés, ingénieurs ou ouvriers, qui par leur savoir-faire ont permis à l’avionneur européen de disputer le marché mondial au géant américain Boeing.
Françoise Castex rappelle que la faiblesse du dollar délibérément entretenu par les Etats-Unis par rapport à l’euro devrait amener les Etats membres à s’interroger sur la politique monétaire poursuivie par la Banque centrale européenne (BCE). La députée socialiste européenne ajoute qu’il est urgent que la BCE dont le seul objectif est aujourd’hui la lutte contre l’inflation intègre désormais dans ses missions la défense de l’emploi en défendant la compétitivité européenne au sein d’une économie mondialisée. La parité euro-dollar fortement défavorable à Airbus ne peut cependant être le seul facteur explicatif des difficultés que connaît aujourd’hui le groupe européen.
En effet, Françoise Castex souligne qu’il est indispensable que l’Europe se dote d’un projet industriel européen cohérent et ambitieux. L’Europe dispose en ce domaine d’une main d’œuvre dont la compétence, liée à un haut niveau de formation, n’est plus à démontrer. Les salariés européens sont aujourd’hui les victimes des défaillances managériales et politiques des Etats européens qui ne se sont pas suffisamment engagés dans le capital d’EADS.