Les doubles discriminations subies par les femmes immigrées en raison de leur origine et de leur sexe sont dénoncées dans un rapport d'initiative adopté par le Parlement européen le 24 octobre 2006 qui propose différentes voies pour promouvoir leur intégration dans l'Union européenne.
Aujourd'hui, les femmes représentent près de 54 % de l'ensemble des
immigrants entrant dans l’Union européenne (UE). Le rapport identifie de
nombreuses actions possibles pour aider ces femmes à s’intégrer au mieux
dans l’Union. Outre un meilleur accès au marché du travail, à
l'éducation et à l'apprentissage des langues, la protection contre la
violence et l’esclavage, l’accès aux soins médicaux mais aussi aux
syndicats font partie du respect des droits de ces immigrantes.
Le Parlement a souligné que la politique de l'Union européenne en
matière de développement et de cohésion sociale devait
« mettre en œuvre des mesures efficaces
d'accueil et d'intégration des migrants, notamment des femmes »
et toute « action, quelle qu'elle soit, doit prendre en considération les
spécificités liées au sexe et à la situation des femmes ».
Enfin, le Parlement européen a adopté un amendement invitant les Etats membres à garantir aux femmes migrantes en situation irrégulière, conformément à leur législation nationale et aux conventions internationales, l'accès à l'éducation pour leurs enfants.
Françoise Castex, membre du Réseau Education sans frontières (RESF), a bien évidemment soutenu cet amendement. La Députée socialiste française était également une des premières signataires de la pétition du RESF "Nous les prenons sous notre aile" qui a recueilli 125 000 signatures et a été envoyé au Président de la République la semaine passée.
Alors qu'en France, la circulaire du 13 juin 2006 de Nicolas Sarkozy permet aujourd'hui d'expulser les enfants en situation irrégulière au mépris de la Convention des Nations unies sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille, les parlementaires européens ont voulu réaffirmer à l'occasion de ce rapport sur le droit des femmes la nécessité de "garantir aux femmes migrantes, qu'elles soient en situation irrégulière ou non, le respect de leurs droits fondamentaux, et notamment l'accès à la justice, à l'aide juridictionnelle, aux structures d'hébergement et aux soins de santé".