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25.09.06 - Réforme de l'OCM Vin : la bataille ne fait que commencer

Françoise Castex a dénoncé dès leur publication les propositions de la Commission européenne concernant la réforme du secteur vin de l'Union européenne. Afin de faire face à la crise de la viticulture européenne, conséquence de la surproduction et de la concurrence des vins du Nouveau Monde, la Commission a proposé dans sa communication du 22 juin 2006 des mesures drastiques inacceptables par les acteurs du secteur viticole.

Chacun s'accorde sur les symptômes qui ont amené la Commission européenne à réviser l'OCM vin et reconnait qu'une réforme est indispensable au regard de la crise qui touche la viticulture. Mais les remèdes proposés par la Commission ont été vivement critiqués, à raison, par les représentants des régions productrices et du secteur viticole.
Nous n'en sommes aujourd'hui qu'à l'étape de consultation et ces propositions n'ont donc pour le moment aucune valeur législative. Mais nous savons que la communication d'aujourd'hui peut devenir la proposition de directive de demain, aussi est-il nécessaire d'être particulièrement vigilant pour préserver un vignoble de qualité et la reconnaissance du métier de viticulteur.

La procédure sur la réforme de l'OCM vin suit son cours au Parlement européen, Mme Batzelli est chargée par la commission de l'agriculture et de la pêche de rédiger un rapport d'initiative. Françoise Castex, membre de la commission du commerce international consultée pour avis, a déposé de nombreux amendements afin de combattre les propositions particulièrement libérales de la Commission.
"La meilleure façon de lutter contre la concurrence des vins du Nouveau Monde n'est pas de copié la méthode d'élaboration vinicole de nos concurrents. Ajouter des copeaux de chênes, des arômes synthétiques ou des levures et cépages aromatiques créés par modification génétique est la négation de tous les aspects du travail des viticulteurs engagés dans une démarche qualité". La députée européenne socialiste insiste plutôt sur la nécessité d'un étiquetage rigoureux informant en toute transparence le consommateur sur le produit qu'il achète. Car sinon, tôt ou tard, les viticulteurs européens seront contraints d'abandonner leurs pratiques traditionnelles parce que les produits s'avéreront sans aucune raison apparente trop chers pour un consommateur qui n'aura pas devant ses yeux des informations claires et adéquates. Il y a certainement une part de vérité dans l'adage in vino veritas, mais pour une fois, laissons les étiquettes nous révéler les informations auxquels les consommateurs ont droit.

Convaincue des atouts de la viticulture européenne "reposant sur une tradition de qualité mondialement reconnue", Françoise Castex engage la Commission à entreprendre des mesures positives concernant une politique commerciale offensive et demande "la création d'un observatoire viticole européen chargé de coordonner la connaissance des vignobles ainsi que les études qualitatives européenne sur l'évolution de la consommation, des pratiques viticoles et œnologiques".

Le vote des amendements en commission du Commerce internationale interviendra le 21 ou 22 novembre 2006. Le vote en commission de l'Agriculture aura lieu avant sa présentation en plénière prévue pour la fin de l'année.
La Commission européenne présentera en avril 2007 une proposition de directive sur laquelle le Parlement n'aura malheureusement qu'un rôle consultatif. Cela signifie que c'est au Conseil, qui réunit les dirigeants des différents états membres, soit (pour le moment!) Jacques Chirac ou Dominique de Villepin pour la France, que revient la responsabilité de défendre l'intérêt de nos vignobles et de nos viticulteurs.

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