Françoise Castex a dénoncé dès leur publication les propositions de la Commission européenne concernant la réforme du secteur vin de l'Union européenne. Afin de faire face à la crise de la viticulture européenne, conséquence de la surproduction et de la concurrence des vins du Nouveau Monde, la Commission a proposé dans sa communication du 22 juin 2006 des mesures drastiques inacceptables par les acteurs du secteur viticole.
Chacun s'accorde
sur les symptômes qui ont amené la Commission européenne à réviser l'OCM
vin et reconnait qu'une réforme est indispensable au regard de la crise
qui touche la viticulture. Mais les remèdes proposés par la Commission
ont été vivement critiqués, à raison, par les représentants des régions
productrices et du secteur viticole.
Nous n'en sommes aujourd'hui qu'à l'étape de consultation et ces
propositions n'ont donc pour le moment aucune valeur législative. Mais
nous savons que la communication d'aujourd'hui peut devenir la
proposition de directive de demain, aussi est-il nécessaire d'être
particulièrement vigilant pour préserver un vignoble de qualité et la
reconnaissance du métier de viticulteur.
La procédure sur
la réforme de l'OCM vin suit son cours au Parlement européen, Mme
Batzelli est chargée par la commission de l'agriculture et de la pêche
de rédiger un rapport d'initiative. Françoise Castex, membre de la
commission du commerce international consultée pour avis, a déposé de
nombreux amendements afin de combattre les propositions particulièrement
libérales de la Commission.
"La meilleure façon de lutter contre la concurrence des vins du
Nouveau Monde n'est pas de copié la méthode d'élaboration vinicole de
nos concurrents. Ajouter des copeaux de chênes, des arômes synthétiques
ou des levures et cépages aromatiques créés par modification génétique
est la négation de tous les aspects du travail des viticulteurs engagés
dans une démarche qualité". La députée européenne socialiste insiste
plutôt sur la nécessité d'un étiquetage rigoureux informant en toute
transparence le consommateur sur le produit qu'il achète. Car sinon, tôt
ou tard, les viticulteurs européens seront contraints d'abandonner leurs
pratiques traditionnelles parce que les produits s'avéreront sans aucune
raison apparente trop chers pour un consommateur qui n'aura pas devant
ses yeux des informations claires et adéquates. Il y a certainement une
part de vérité dans l'adage in vino veritas, mais pour une fois,
laissons les étiquettes nous révéler les informations auxquels les
consommateurs ont droit.
Convaincue des atouts de la viticulture européenne "reposant sur une tradition de qualité mondialement reconnue", Françoise Castex engage la Commission à entreprendre des mesures positives concernant une politique commerciale offensive et demande "la création d'un observatoire viticole européen chargé de coordonner la connaissance des vignobles ainsi que les études qualitatives européenne sur l'évolution de la consommation, des pratiques viticoles et œnologiques".
Le vote des
amendements en commission du Commerce internationale interviendra le 21
ou 22 novembre 2006. Le vote en commission de l'Agriculture aura lieu
avant sa présentation en plénière prévue pour la fin de l'année.
La Commission européenne présentera en avril 2007 une proposition de
directive sur laquelle le Parlement n'aura malheureusement qu'un rôle
consultatif. Cela signifie que c'est au Conseil, qui réunit les
dirigeants des différents états membres, soit (pour le moment!) Jacques
Chirac ou Dominique de Villepin pour la France, que revient la
responsabilité de défendre l'intérêt de nos vignobles et de nos
viticulteurs.