Le Parlement européen a adopté une résolution relative à la situation des prisonniers palestiniens en Israël, faisant suite au débat du 9 juillet 2008. Des députés, dont Françoise Castex, membre de la délégation interparlementaire auprès du Conseil législatif palestinien, avaient interpellé la Commission et le Conseil à propos de la situation préoccupante des prisonniers palestiniens dans le cadre de deux questions orales (voir dans Pour en savoir plus).
En s'appuyant sur des rapports de l'ONU et d'association des droits de l'homme israéliennes, les députés européens avaient dénoncé un état de fait contraire au droit international. Depuis lors, le lundi 25 août dernier, 199 prisonniers palestiniens ont été libérés dans un geste de bonne volonté à l'égard du Président palestinien Mahmoud Abbas. Il reste néanmoins quelques 11 000 palestiniens détenus en Israël.
11 000 DETENUS PALESTINIENS EN ISRAËL
Le dernier rapport des Nations unies sur la situation des Droits de l'Homme dans les territoires palestiniens fait état plus de 700 000 Palestiniens emprisonnés depuis 1967. 11 000 prisonniers se trouveraient dans les prisons israéliennes, dont 376 enfants, 118 femmes, 44 membres du Conseil législatif palestinien et près de 800 détenus administratifs. Ces derniers étant détenus pour des périodes renouvelables de plus de six mois, uniquement sur décision administrative. La rétention administrative est autorisée par le droit international, en cas de "mise en danger de la sécurité de l'État" alors qu'Israël n'a jamais défini ce concept. De plus, la plupart des prisonniers palestiniens sont détenus en Israël, ce qui rend la plupart du temps les visites familiales impossibles. Cette situation enfreint la quatrième convention de Genève, soulignent les députés.
Selon le rapport de l'ONU, "les prisonniers sont victimes de traitements humiliants et dégradants, l'interrogatoire étant conduit d'une manière inhumaine et s'apparentant parfois à de la torture". Deux rapports publiés par des ONG israéliennes ont montré que les personnes arrêtées sont victimes de mauvais traitements physiques et empêchées de satisfaire des besoins essentiels, en étant par exemple privées de sommeil pendant plus de 24 heures.
LE TRAITEMENT INQUIETANT DES ENFANTS
Les députés ont dénoncé également le fait que l'arrestation, l'interrogatoire et l'emprisonnement d'enfants palestiniens soient devenus des pratiques courantes ces dernières années : "Ces enfants sont généralement poursuivis par le même système militaire que les adultes palestiniens, en violation de la Convention des Nations unies relative aux droits de l'enfant (UNCRC) entrée en vigueur en Israël en novembre 1991. Cependant, Israël refuse son applicabilité au territoire palestinien".