Lancé en 1995 à Barcelone, c'est l'instrument central des relations euro-méditerranéennes, représentant un partenariat de 39 gouvernements et plus de 750 millions de personnes. Il comporte trois volets : politique, culturel et, le plus développé, économique.
Son objectif : faire de la méditerranée un espace commun de paix, de stabilité et de prospérité.
Il réunit les 15 pays européens membres à l'époque, et les pays tiers méditerranéens : Algérie, Chypre, Egypte, Israël, Jordanie, Liban, Malte, Maroc, Syrie, Palestine, Tunisie, Turquie, Mauritanie et Albanie. La Lybie est en perspective d'adhésion depuis 2004.
Le 13 juillet prochain, le président Nicolas Sarkozy devrait officiellement lancer le projet d'Union pour la méditerranée annoncé durant la campagne présidentielle. Constituant une des priorités de la présidence française du Conseil de l'Union européenne, l'idée d'Union méditerranéenne s'inscrit-elle dans la continuité du processus de Barcelone ? Cette question est explorée par les députés européens.
"Union méditerranéenne" : le faux-projet de Nicolas Sarkozy
La campagne présidentielle a donné l'occasion au candidat UMP d'annoncer en grande pompe en février 2007, un projet sui generis d'Union méditerranéenne, se référant à un club exclusif réservé aux pays riverains de la méditerranée, et non à l'ensemble de l'Union européenne.
Ce projet fait l'objet d'une double critique ; d'une part celle des pays déjà fortement impliqués dans le processus de Barcelone qui prévoit déjà la coopération des pays du pourtour méditerranéen; d'autre part, celle des pays nordiques, avec l'Allemagne en tête de file, qui craignent que le projet divise l'UE en excluant les pays non riverains de la Méditerranée. En outre, d'autres dispositifs remplissent déjà les fonctions que le Président français souhaite attribuer à la nouvelle Union tels: le partenariat euro-méditerranéen et la Politique européenne de voisinage. De nombreux pays se montrent donc sceptiques vis-à-vis de la coquille vide présentée par Nicolas Sarkozy.
Lutte des mots et glissement sémantique
De "Partenariat euro-méditerranéen" à "Union méditerranéenne", le projet sera finalement baptisé, sous pression de l'Allemagne, "Union pour la méditerranée". La nouvelle Union sera inclue intégralement dans les structures communautaires et étendue à tous les pays membres de l'UE. La Commission gardera le contrôle de la gestion des fonds communautaires et l'Union sera coprésidée par deux pays provenant chacun d'une rive de la mer méditerranée.
Y a-t-il dès lors réellement une innovation par rapport au processus de Barcelone ? On parlera plutôt d'un renforcement du processus initié en 1995. Ce dernier s'organisait surtout autour de son pilier économique et financier alors que la nouvelle Union visera à développer le dialogue politique.
Points d'achoppement et questions ouvertes
Plusieurs interrogations demeurent sans réponse et sujettes à débat. La principale concerne la double présidence de l'Union pour la méditerranée. Le projet français souhaitait attribuer celle-ci à un pays riverain. La France pensait plus précisément pour une première présidence à ... la France, accompagnée de l'Egypte. La Commission oppose cependant un obstacle juridique : le traité de Lisbonne prévoit une représentation extérieure de la Communauté sera assurée par le futur président de l'UE, le président de la Commission et le Haut Représentant pour la Politique extérieure et de sécurité commune. Il existe un risque réel de conflit de compétence.
Pour Françoise Castex, "développer le dialogue politique avec les pays du pourtour de la Méditerranée est évidemment une urgence".