Par
un communiqué daté du 30 novembre 2005,
la délégation UMP au Parlement Européen
accuse les socialistes de "mauvaise
propagande" sur la proposition de
directive relative aux services dans le
marché intérieur (dite directive
Bolkestein).
Au-delà des mots, il y a les actes. Et
il apparaît clairement que la droite
fait de la gesticulation pour faire
croire que les engagements et les
promesses de Villepin et Chirac devant
les français se traduisent par un vrai
changement de la directive Bolkestein.
Malheureusement la vérité est bien
différente !
Communiqué
de l'UMP
Communiqué
de la Délégation socialiste française en réponse au
communiqué de l'UMP
15/11/06 - Directive Services : dernier round et victoire par KO des libéraux !
Point d'orgue de la
mandature actuelle, la Directive services vient d'être adoptée en
deuxième lecture par le Parlement Européen. Françoise Castex, comme
l'ensemble des socialistes français, s'est prononcée pour le rejet de la
directive services comme elle l'avait déjà fait le 16 février dernier.
La motion de rejet n'a malheureusement recueilli que 105 voix en
deuxième lecture.
Par ce vote, le Parlement européen n'a pas su confirmer la victoire
relative de la première lecture. On note également que la mobilisation
sociale qui avait accompagné le débat lors du vote de février 2006 a
fait défaut cette fois ci.
Retour sur les étapes de l'adoption de la Directive services
13 Janvier 2004
L'ancien
Commissaire BOLKESTEIN soumet à la Commission Européenne un projet de
directive relative aux "services dans le marché intérieur". Ce projet
est approuvé à l'unanimité par l'ancienne Commission PRODI.
Juin 2004
Les premiers, les syndicats de salariés belges FGTB, dénoncent ce projet
de Directive et lancent une campagne "Stop Bolkestein".
Juillet 2004
Investiture du nouveau Parlement Européen et de la nouvelle Commission
Européenne présidée par Jose Manuel BARROSO. Le projet de Directive
Services est conservé en l'état par la Commission Européenne et entame
son parcours d'examen au Parlement européen. La sociale-démocrate
allemande Evelyne Gebhardt est nommée rapporteure du projet pour le
Parlement européen.
Septembre 2004
Françoise Castex, nouvellement élue, se saisit du dossier et s'associe à
la campagne d'information d'ATTAC France pour le rejet de cette
directive (réunions publiques, articles).
19 mars 2005
Grande euro-manifestation à Bruxelles à l'appel de la Confédération
européenne des syndicats (CES) contre cette directive.
22-23 mars 2005
Sommet européen. Jacques Chirac annonce que cette directive est retirée.
Il s'ensuit une campagne de désinformation alors que le calendrier
parlementaire poursuit son cours normal.
12 juillet 2005
Examen du projet de directive par la commission parlementaire de
l'Emploi et des affaires sociales. Françoise Castex et Marc Tarabella
(PS belge) déposent le 1er amendement de rejet. Ils sont suivis par
quelques députés socialistes français et belges dans les autres
commissions parlementaires consultées. Le vote de la commission Emploi
et Affaires sociales réduit le champ d'application de la directive : le
PPO (principe du pays d'origine) ne s'applique plus au droit du travail.
Novembre 2005
Vote en commission parlementaire du Marché intérieur (après deux reports
décidés par la droite européenne). Le vote est catastrophique, il
rejette les propositions de la commission Emploi et affaires sociales et
rétablit de PPO, conformément à la version initiale du projet. Les
députés UMP français ont voté en faveur du PPO.
Janvier 2006
La délégation socialiste française (31 députés) décide de déposer un
amendement de rejet (37 signatures sont nécessaires pour déposer un
amendement en séance plénière). Elle est rejointe par la délégation
socialiste belge.
11 février 2006
Manifestations locales partout en France contre la directive.
14 février 2006
Grande euro-manifestation à Strasbourg à l'appel de la Confédération
européenne des syndicats (CES). L'ensemble de la délégation socialiste
française participe à cette manifestation.

16 février 2006
Vote du rapport Gebhardt par le Parlement européen.
Outre les manifestations, une campagne de mobilisation s'est organisée
sous forme de lettres-pétitions adressées aux Députés Européens.
Françoise CASTEX a reçu et répondu à près de 1 500 courriers.
4 avril 2006
La Commission européenne présente un texte révisé de sa proposition
initiale qui reproduit très largement le texte adopté par le Parlement
européen.
24 juillet 2006
Le Conseil des Ministres adopte une version modifiée de la proposition
de directive. Elle s'écarte dans un certain nombre de cas du texte
adopté par le Parlement européen et introduit des dispositions nouvelles
acceptées par la Commission européenne. C'est ce qu'on appelle la
"position commune du Conseil" qui reflète donc la position adoptée par
les 25 gouvernements de l'Union.
15 novembre 2006
Le Parlement adopte à une très large majorité la Directive services dans
le marché intérieur. Les Députés socialistes français ont de nouveau
voté en faveur du rejet de la Directive, en vain.
Le vote du Parlement en deuxieme lecture
Lors de la deuxième lecture, le Parlement européen s'exprime sur la base de la position commune (compromis entre le Parlement, la Commission et le Conseil). La procédure d'adoption est largement similaire à celle de la première lecture. Cependant les amendements déposés en deuxième lecture doivent reprendre des amendements adoptés en 1ère lecture et non acceptés par le Conseil.
Une position commune en deçà du vote du Parlement en premiere lecture
La position commune étant en retrait par rapport au vote du Parlement en première lecture, les députés européens socialistes français qui s'étaient opposé au texte lors du premier vote, ne pouvaient que de nouveau exiger le retrait de cette directive. La motion de rejet ayant été minoritaire (105 voix pour, 405 contre, 12 abstentions), les socialistes français ont ensuite voté différents amendements au texte.
Tous les amendements de clarification pour la protection des services
publics et le droit du travail ont été rejetés.
Les
socialistes français ont déposé trois amendements visant à garantir
l'exclusion du droit du travail et des services sociaux de la directive
dans leur totalité. Ces amendements ont été rejetés par le Parlement.
Les socialistes français ont ensuite voté, avec l'ensemble des Verts
européens et de la gauche, tous les amendements qui protègent
l'organisation et le financement des services publics (SIG et SIEG), qui
garantissent les droits fondamentaux contenus dans la Charte européenne,
et qui luttent contre l'établissement de "sociétés boîtes aux lettres".
Ces amendements ont été rejetés.
La directive services adoptée est une regression pour le Parlement
"La
version finale est en régression par rapport à la version adoptée par le
Parlement européen en première lecture"
s'indigne Françoise Castex.
Ainsi, alors qu'en première lecture, les services comme le logement
social et les services de santé publique avaient été exclus du texte, le
Conseil a restreint la portée de cette exclusion.
Plus grave, alors que le droit du travail relève d'une compétence
nationale, l'adoption de cette directive vient de subordonner celui-ci
aux décisions communautaires puisque le respect du droit du travail sera
désormais soumis aux jugements de la Cour de justice de la communauté
européenne.
La députée
socialiste européenne regrette que le Parlement européen n'ait pas
utilisé pleinement son droit d'amendement -sous pression de la droite
européenne -en deuxième lecture pour clarifier les points qui
entretiennent un flou juridique préjudiciable sur la sécurité des
travailleurs et des consommateurs européens.
Certains députés soutenant la directive ont argué du fait que le
commissaire au Marché intérieur Mac Creevy ait dans une déclaration
interprétative clarifié les points litigieux concernant le droit du
travail ou certains services publics. Françoise Castex tient à souligner
que "Sur ces points, on ne peut se satisfaire d'une vague
"déclaration interprétative" de la Commission qui n'a aucune valeur
juridique". Et ce d'autant plus que dans le corps du texte de la
déclaration du commissaire, il est écrit que "ces recommandations (de
la Commission, ndlr) auront donc comme but principal d’aider à une bonne
transposition de la directive dans les Etats membres. Il ne s’agira en
aucun cas de donner une interprétation législative de la directive, ce
qui est une prérogative de la CJCE". Par ailleurs, cette déclaration
brandit par les partisans du vote de la Directive est à ce jour toujours
officieuse. Voilà qui est clair pour ceux qui cherchaient à se rassurer
!
Et la suite ?
L'adoption du texte par le Parlement signifie, de fait, la fin du parcours législatif. La directive entrera en vigueur le jour suivant sa la publication dans le Journal Officiel de l'UE.
Les Etats membres auront, au maximum, trois ans pour transposer les dispositions de la directive dans les législations nationales.
L'adoption de la
Directive Services destinée à libéraliser les services au sein de
l'Union européenne est un coup dur sur le chemin de la construction de
l'Europe sociale. En effet, elle entrera en application sans les
préalables législatifs qui aurait pu sécuriser les domaines sensibles
des services publics (SIG;SIEG;SSIG) par une loi cadre. Cela s'inscrit
dans un contexte de déréglementation généralisée des services publics
(La Poste, l'énergie, le rail,...).
D'autre part, la libre circulation des prestataires de services accélère
la réalité d'un marché européen du travail qui va connaitre une
croissance rapide sans cadre réglementaire explicite.
A court terme, les salariés européens des services vont se trouver à la
merci des avis de la Cour européenne de justice qui aura à trancher à la
place du législateur sur le droit applicable.
Cette situation n'est pas la meilleure pour restaurer la confiance de
nos concitoyens dans l'Union européenne!