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Droit à l'eau

Chiffres clés

1,1 milliard
C’est le nombre de personnes qui n’ont pas accès à l’eau potable dans le monde

2,6 milliards
C’est le nombre de personnes qui manquent d’installations sanitaires. La qualité chimique et surtout biologique de l’eau et de l’environnement sanitaire est responsable de nombreuses maladies favorisant notamment le développement de la malnutrition. Dans les pays en développement, jusqu’à 80% des maladies et plus du tiers des décès sont imputables à l’utilisation d’une eau contaminée.

34 000
C’est le nombre de personnes qui en meurent chaque jour.

4500
C’est le nombre d’enfants qui meurent chaque jour. 2 sur 3 C’est le nombre d’êtres humains menacés de pénurie d’eau d’ici 2025 800 milliards de dollars C’est ce que représente le marché mondial de l’eau par an.

(Chiffres de l’AMECE)


 

20/03/07 - Françoise Castex s’engage en faveur de la reconnaissance d'un droit universel d'accès à l'eau

Françoise Castex a présidé la dernière matinée de travaux de l'Assemblée Mondiale des Citoyens et des Elus pour l'Eau (AMECE) qui s'est tenue au Parlement Européen de Bruxelles du 18 au 20 mars 2007.

Deux jours en amont de la Journée mondiale de l’eau célébrée le 22 mars de chaque année depuis la décision de l’Assemblée générale des Nations Unies en 1992, avec plus de 500 participants (parlementaires, élus locaux, représentants d'institutions publiques et ONG d'Europe, d'Afrique, d'Amérique Latine et d'Asie), l'AMECE s'est fixée comme objectif de faire inscrire l'accès à l'eau dans la Déclaration universelle des droits de l'homme. Plus de 80 interventions ont été programmées sur trois jours suivis de débats riches d'expériences et de témoignages.

"L’UNION EUROPEENNE DOIT PROMOUVOIR L’EAU COMME BIEN PUBLIC COMMUN"
Dans son discours introductif de la séance consacrée aux partenariats public/public et à la coopération internationale, l'eurodéputée socialiste a rappelé que "l'eau est une question fondamentale du droit à la vie et qu’elle est reconnue comme un bien commun de l'humanité dans les Objectifs du Millénaire pour le Développement".
Ce principe n'est pourtant toujours pas transposé dans le droit européen et international : l'eau n'est toujours pas reconnue comme un service public non marchand et reste soumis aux lois de la concurrence et du marché des services au niveau communautaire comme au niveau international dans les négociations de l'OMC ou dans les actions de coopération internationale.
La députée européenne a souligné la responsabilité particulière de l'Union européenne pour inverser cette logique marchande tant dans son marché intérieur qu'au niveau mondial. Elle souhaite notamment que l'Union Européenne n'impose aucune privatisation des services d'assainissement et de distribution de l'eau dans les accords bilatéraux de coopération qu'elle engage avec les pays en développement et fasse au contraire la promotion de partenariat public/public.
Françoise Castex a insisté enfin, sur le risque majeur que l'eau soit, de plus en plus, comme l'est aujourd'hui le pétrole, enjeu de conflits et arme stratégique de pression politique et militaire.
"L'Eau est source de vie, il est de notre responsabilité qu'elle reste pour l'humanité une source de paix. Pour cela, l'eau doit être exempte de toute notion de pouvoir et de profit" a conclu la députée européenne.

LES ENGAGEMENTS DE L’AMECE
Afin de préserver cette ressource vitale, l'Assemblée Mondiale des Citoyens et des Elus pour l'Eau, a pris une série d'engagements autour des axes de réflexion qui ont été débattus :

Garantir le droit à l'eau comme Droit humain, l'Assemblée a pris plusieurs engagements, estimant qu'il était un "devoir sacré de promouvoir l'eau comme bien commun indispensable à toute forme de vie". Elle se fixe donc comme objectif qu'à l'occasion du centième anniversaire de la Déclaration des Droits de l'Homme, le 10 Décembre 2008, l'Eau soit reconnue comme Droit humain. L'Assemblée soutient en ce sens l'initiative prise par les ministres Santinelli et Mamani qui se sont engagés dans ce combat et demande aux gouvernements de faire de même.

Faire de l'eau un bien public commun: l'Assemblée a affirmé sa volonté de "se battre, en toute circonstance, pour que l'eau soit confiée au secteur public". Elle écrira, en ce sens, à tous les parlements afin de les interpeller sur leur erreur de confier aux groupes privés la gestion de l'eau. Elle prévoit également d'interpeller le Commissaire européen Louis Michel pour favoriser le développement de partenariat Public/Public, comme par exemple des jumelage de collectivités locales qui construiraient des coopérations entre institutions publique dans le domaine de la gestion de l'eau. Il s'agit en effet de faire des collectivités locales les premières garantes et organisatrices de l'eau comme bien commun sur les plans financier, institutionnel et humain. La gestion publique de l'eau comme bien commun implique également que le Parlement européen rejette la libéralisation des services hydriques demandée dans le cadre de l'AGCS. Enfin, l'Assemblée réclame que soit retirée au Conseil Mondial de l'Eau (composé des groupes privés de gestion de l'eau) la responsabilité d'organiser les Forums Mondiaux de l'Eau. Leur gestion doit être confiée à l'ONU et ce, dès le Forum de 2009.

Garantir le financement public de l'eau: l'Assemblée a tenu à marquer son refus de la logique actuelle de financement de la gestion de l'eau. En effet, selon les estimations, 180 Milliards d'euros par an pendant 10 ans seraient nécessaire pour garantir à tous l'accès à l'eau, induisant ainsi une spirale d'investissements et de surconsommation. L'Assemblée propose donc de créer une Commission d'enquête afin de démontrer les effets néfastes des financements par les marchés financiers, notamment par les fonds d'investissement et de la spéculation dans ce domaine. Le cercle vicieux pollution/dépollution entretient la rareté et la cherté de l'eau potable et maintient une source d'investissement et de profit privés. Elle propose une alternative à l'augmentation exponentielle des investissements et veut démontrer que "l'on peut faire mieux avec moins". Pour cela, il est nécessaire de développer le partenariat public-public maîtrisant la chaîne de production/distribution de l'eau potable.

Associer les citoyens-usagers au gouvernement de l'eau. Pour cela, le seul chemin qui puisse mener à une participation accrue des citoyens est la lutte pour l'acquisition de nouveaux droits. L'éducation dans les écoles doit être transformée pour faire participer les citoyens. Il faut également, "dans le but de démocratiser nos institutions pour favoriser la démocratie participative", travailler dans les institutions qui revendiquent une responsabilité internationale et se les réapproprier.

Enfin, l'Assemblée a tenu à manifester sa solidarité avec le peuple palestinien et israéliens victimes d'une politique qui fait de l'eau un enjeu essentiel du conflit actuel. L'Assemblée a également marqué sa solidarité avec les représentants du People Party des Philippines dont le Secrétaire Général et d'autres représentants ont été arrêtés. Elle a aussi exprimé sa solidarité avec les femmes d'Afrique, d'Amérique Latine et d'Asie qui paient, avec leurs enfants, le plus lourd tribu de l'absence d'un droit d'accès à l'eau potable".

 

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