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RELATIONS TRANSATLANTIQUES

26/04/07 - Sommet UE/Etats-Unis: le Parlement Européen donne quitus pour la création d'un marché transatlantique libre et sans entraves

En prévision du Sommet UE/Etats-Unis qui doit avoir lieu à Washington ce 30 avril que le Parlement Européen a mis à l'ordre du jour de ses travaux un débat portant sur les relations transatlantiques.

Le Parlement sera représenté lors de ce Sommet, par la Députée socialiste allemande, Erika Mann au terme d'un rapport très controversé sur les relations transatlantiques, au terme dans lequel elle proposait de mettre en place un "marché transatlantique libre et sans entraves" d'ici 2015 en supprimant les barrières au commerce international, et d'ici 2010.

Françoise Castex s'était fermement opposée à ce rapport et avait voté contre un tel projet. L'eurodéputée socialiste avait regretté l'adoption final de ce rapport au Parlement Européen: "Par ce vote le Parlement a relégué nos traditions, nos institutions, nos droits, nos pratiques au rang "d'entraves" qu'il faudrait éradiquer au nom d'un marché transatlantique sans limites".

Aujourd'hui à l'occasion du Sommet transatlantique du 30 avril à Washington, le projet de création d'un marché transatlantique libre et sans entraves est remis à l'ordre du jour des parlementaires européens, à l'initiative de la Présidence allemande, convaincue que l'expérience du marché unique européen pourrait servir de modèle à la construction de ce nouvel espace. "Ce modèle de construction d'un partenariat transatlantique est-il vraiment celui qu''il faut généraliser ?" s'interroge Françoise Castex.

La question mérite d'autant plus d'être posée que ce projet a déjà une histoire conflictuelle. En mars 1998, le commissaire Leon Brittan, figure de proue de l'Europe libérale, avait lancé le projet de "New Transatlantic Market" calqué sur le modèle de l'Accord de libre-échange nord-américain, l'ALENA. Parallèlement se négociait alors, en grand secret, à l'OCDE, le projet d'"Accord multilatéral pour l'investissement", l'AMI, qui visait déjà, à supprimer toute législation perçue par les "investisseurs" comme une "entrave" à leurs opérations financières.

Ces deux projets ont suscité dans l'opinion européenne, une telle opposition qu'ils ont dû être abandonnés.  Mais de puissants lobbys tels le "Transatlantic business Dialog" n'ont de cesse de remettre ce projet stratégique, sur le tapis.

Loin de l'image de la "coopération constructive" dont on voudrait la parer, il s'agit d'un front important dans la bataille sur la conception des règles économiques européennes et mondiales.

Non seulement notre modèle européen politique, social et économique est mis en cause, mais un tel accord entrainerait un grave déséquilibre des forces économiques au niveau politique mondial.

Pour Françoise Castex, l'Union Européenne et les Etats-Unis ont de lourdes divergences de "valeurs" humaines et politique (Guerre en Irak, Guantanamo, peine de mort, Protocole de Kyoto, etc...).

Pour l'eurodéputée socialiste, une hégémonie économique mondiale euro étasunienne s'oppose à la vision d'un monde multipolaire que nous défendons.

 



01/06/06 - Un "P.E.T."sup>[1] dans la social-démocratie européenne ou quand l'ultralibéralisme de la social-démocratie se vend au libéralisme américain.

Le Parlement européen vient d'adopter, par 470 voix pour, 121 voix contre et 26 abstentions, ce jeudi 1er juin 2006, le rapport de la Député socialiste allemande Erika Mann, ayant pour but la réalisation d'un "marché transatlantique sans entraves".

"C'est l'un des projets les plus ambitieux des libéraux de gauche et de droite que le Parlement européen vient de consacrer" déclare Françoise Castex.

On croyait le P.E.T moribond après les réticences exprimées notamment par le gouvernement Jospin en 1998, mais le ¨Parlement européen vient de le réanimer, avec l'appui d'une frange importante du groupe du Parti socialiste européen. Par ce vote, l'ultralibéralisme de gauche et de droite a donc décidé de transformer l'espace européen à l'image des USA. Et pour parvenir à ce clonage, une partie des socialistes européens vient d'accepter de reléguer nos traditions, nos institutions, nos droits, nos pratiques au rang "d'entraves" qu'il faudrait éradiquer au nom d'un marché transatlantique sans limites.

Pour Françoise Castex, ils devront donc assumer.
"Assumer de remettre en cause les services publics dans la vie collective, comme instruments de nature à favoriser le plein exercice pour tous de droits collectifs.

Assumer de repenser les rapports de l'Eglise et de l'Etat.
Assumer le démantèlement du marché du travail et le rôle des syndicats.
Assumer de renoncer au souci de la qualité de la vie, au respect de l'environnement.
"

Par ce vote, les socialistes européens ont manqué à leur devoir. Car plutôt que de pousser à la réalisation d'un marché transatlantique sans entraves, ils auraient mieux fait de protéger un modèle de vie : le modèle social européen." 


 

[1] PET : Partenariat Economique Transatlantique

 

 


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