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POPULATION ET DEVELOPPEMENT



15/12/08 - Sensibilisation à la lutte contre le paludisme

Françoise Castex en collaboration avec le Forum parlementaire européen sur la Population et le Développement (EPF), Equilibres&Populations (E&P), et le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) a organisé au Parlement européen une journée de sensibilisation sur les mesures sanitaires à prendre afin de prévenir les risques de paludisme. L'eurodéputée socialiste française s'est ensuite rendue à Dakar pour participer au Forum du Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme.

Le paludisme (ou malaria) est considéré par l’Organisation Mondiale de la Santé comme un problème majeur de santé publique, au même titre que le VIH-Sida ou la tuberculose. Le paludisme est la plus répandue des maladies transmissibles, affectant la plupart des pays tropicaux et subtropicaux d’Afrique subsaharienne, d’Asie du Sud et du Sud-Est, et certaines zones d'Amérique du Sud. On estime qu’un tiers de l’humanité vit dans des zones où existe le paludisme. Chaque année, on estime qu’environ 300 à 500 millions de personnes développent un accès palustre, entraînant près de 2 millions de décès, dont l’immense majorité sont des enfants de moins de 5 ans en Afrique sub-saharienne.

Afin de sensibiliser les parlementaires européens sur le paludisme, Françoise Castex a invité les comédiens de l’ONG ASMADE (Burkina Faso) et du Théâtre du Copion (Belgique) pour une représentation unique de la pièce intitulée "Palu" au Parlement européen, dans le cadre d'un projet "Théâtre et Education au Paludisme". Cette pièce de théâtre a été jouée dans plusieurs villages du Burkina Faso, avec la participation de villageois comme acteurs. Ce projet a connu un succès important. Non seulement cette pièce présente un intérêt artistique réel mais elle est un outil d'information et de sensibilisation des plus efficaces dans des régions du Burkina où les moyens d'informations modernes sont absents et où les habitants sont en majorité analphabètes. A l'issue de cette journée de sensibilisation au paludisme, Françoise Castex, a rappelé les responsables gouvernementaux à leur responsabilité.

Du 6 au 10 décembre 2008 se tenait à Dakar, le Forum des parlementaires du Fonds Mondial contre le S.I.D.A, la tuberculose et le paludisme. Les participants ont salué les progrès enregistrés dans le monde depuis la création de ce Fonds et ont réaffirmé la nécessité de maintenir l'aide internationale malgré la crise financière qui touche les pays donateurs. Vingt parlementaires des pays donateurs et bénéficiaires étaient présents. Le Parlement européen était représenté par Anne Van Lancker, PSE Belgique et Françoise Castex, PSE France. Les parlementaires présents ont décidé de se constituer en réseau afin d'effectuer un contrôle parlementaire sur l'utilisation des Fonds. "Le paludisme est une maladie que l'on sait parfaitement guérir et prévenir l'utilisation des moustiquaires imprégnés sauverait des millions de vie. Elle coûte moins de 10 euros pour une utilisation de 5 ans. Il est inadmissible que l'on meure encore du paludisme au 21è siècle."



04/09/08 - Santé maternelle: douloureux échecs des objectifs du Millénaire

A une large majorité, le Parlement européen a adopté une résolution sur la réduction de la mortalité maternelle dans le cadre des objectifs du Millénaire pour le développement.

On estime en effet à plus de 500 000 le nombre de femmes dans le monde qui meurent chaque année durant leur grossesse ou leur accouchement. Ce qui équivaut à une mort par minute. Aucun progrès n'a été réalisé depuis 2000, c'est donc un échec particulièrement cuisant puisque la vie de milliers de femmes est en jeu. Face à ce constat d'échec, et dans la perspective de la réunion à haut niveau des Nations unies sur les OMD qui aura lieu le 25 septembre prochain à New York, les eurodéputés demandent des mesures d'urgence et ont décidé d'interpeller le Conseil et la Commission européenne.

La première exigence des parlementaires européens est d'inviter le Conseil et la Commission à intensifier les efforts visant à éliminer la mortalité et la morbidité maternelle qui peuvent être évitées. Pour se faire, les députés européens plaident pour le développement, le renforcement et l'évaluation à intervalles réguliers des programmes d'action et des "feuilles de route" existants.

La deuxième priorité adoptée par le Parlement européen repose sur l'élaboration d'indicateurs et de critères de réduction de la mortalité maternelle ainsi que des mécanismes de contrôle en vue d'améliorer de manière constante les politiques et programmes existants.

Françoise Castex qui a effectué plusieurs missions en Afrique avec le réseau parlementaire européen pour la population et le développement, sous l'égide du Fonds des Nations-Unies pour la Population (UNFPA) est intervenue dans ce débat pour appeler à une mobilisation politique forte pour lutter contre 3 fléaux: la négligence, l'ignorance et l'obscurantisme.


02/07/08 - Françoise Castex participe à la Conférence internationale des parlementaires du G8 sur la population et le développement durable

A l'initiative des Nations Unies (Fonds des Nations Unies pour la Population), des parlementaires membres des réseaux "Population et Développement" des pays du G8, se sont réunis à Tokyo, au Japon, les 2 et 3 juillet 2008. Cette initiative précédait de quelques jours le Sommet du G8 de Toyako (Japon) qui réunissait les huit pays les plus riches du monde (Etats-Unis, Japon, Canada, France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Russie) sur les questions de climat.

Pour les parlementaires, l'objectif de cette réunion était d'alerter les chefs d'Etats du G8 des effets du changement climatique sur les populations et notamment sur les populations les plus touchées et les plus vulnérables, celles des pays en développement.

Françoise Castex, rapporteure sur le défi démographique pour le Parlement européen, a mis l’accent, dans son intervention, sur les conséquences des changements climatiques sur les pays en voie de développement :

"Madame la Présidente du réseau parlementaire d’Asie,

 Mesdames et messieurs les représentants des organisations internationales,

 Honorables collègues,

A mon tour, je voudrais remercier le réseau parlementaire Population et Développement d’Asie pour son initiative de nous réunir avant le G8 de Toyako. Je veux aussi renouveler nos remerciements au Fond des Nations Unis pour la Population et le Développement pour son soutien à nos réseaux parlementaires.

Nos chefs d’Etats vont se réunir pour envisager les effets du changement climatique dans les pays industrialisés et sur l’ensemble de la planète. Nous le savons, il aura des effets sur l'environnement et sur les économies. Effets que l'on peut prévoir et même évaluer et mesurer. Notre responsabilité est d’alerter que le changement climatique aura aussi et surtout: des effet sur les populations.

Le genre humain va devoir s'adapter.

Face aux effets du changement climatique, les experts internationaux ont défini deux objectifs: atténuation/adaptation :

Premièrement, l’atténuation des émissions de C02 : cet objectif s'adresse notamment aux puissances développées qui sont les principales responsables des émissions de C02 et donc du changement climatique

Deuxièmement, l’adaptation aux changements : comme vient de le décrire le Dr Gerald STOCKES, les populations vont devoir s’adapter aux changement climatiques, hausse de la températures, risques d’inondations….

En fait, depuis quelques millions d'années que l'homme est apparu sur terre, il a dû s'adapter à de nombreux changements. Les peuples qui n'ont pas pu s'adapter ont disparu. Qu'en est-il aujourd'hui face à ce nouveau défi ? Bien sûr, déjà les populations commencent à s’adapter. Elles recherchent des moyens de faire face aux changements climatiques: aux risques d'inondations, aux risques de manque d'eau. Mais les moyens disponibles pour l'adaptation sont très inégaux.

Le rapport sur le développement humain 2007/2008 du Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD) relate deux exemples significatifs que je voudrais soumettre à votre reflexion :

Je vais vous parler du village de Maasbommel, dans le sud des Pays-Bas. Il est menacé par la hausse du niveau de la mer et les crues des fleuves. D'importants moyens financiers ont été mobilisés pour créer 37 prototypes de maisons conçues pour résister à ce risque, elles peuvent flotter sur l'eau. Les fondations creuses des maisons jouant le rôle d'une coque de bateau.

Le village de Tloa Thanh, dans le delta du Mekong au Vietnam est lui aussi soumis à un risque accru d'inondations. Ses habitants aussi s'adaptent... On consolide les digues, on plante des mangroves, on construit des maisons sur pilotis de bambous, simultanément des agences humanitaires donatrices financent un programme "de vie avec les inondations": on distribue des gilets de sauvetage et on donne à la population... des cours de natation !!!

Cet exemple ressemble à une mauvaise plaisanterie, mais il est significatif de la situation : les inégalité sont en train de croître sous l'effet des changements climatiques. Inégalités des moyens, inégalité des risques, inégalité de l'urgence.

En Europe, on parle d'effets économiques relativement périphériques ( par exemple le Groupe Intergouvernemental d'Experts Changement Climatique - GIEC - met en garde l'économie des sports d'hiver...) et d'effets sur la santé relativement bénin (augmentations des allergies et des risques liés à la canicule).

Le message que nous devons faire entendre aux pays développés, aux membres du G8 qui vont se réunir est simple mais urgent :

Le changement climatique va saper les efforts internationaux pour lutter contre la pauvreté, le changement climatique va ralentir la réalisation des Objectifs du millénaire et le danger est grand que le changement climatique inverse le processus de lutte contre la pauvreté à peine engagé.

 La situation aggrave la pauvreté, la malnutrition:

D'ici en 2080, le nombre de personne exposé à la famine, va augmenté de 600 millions;

Le nombre de personnes victimes du manque d'eau va augmenter de 1.8 millions

La seule augmentation de 3 à 4°C de la température va entraîner un déplacement de 300 millions de personnes.

Ces chiffres annoncent une véritable catastrophe humanitaire.

Cela a été évoqué à Bali, au cours de la Conférence internationale sur le climat par le Programme des Nations-Unies pour l'Environnement. Son rapport expose le risque que des régions entières soient déstabilisées. Les zones à risque sont nombreuses: Afrique australe, Sahel, Sud de la Méditerranée, Inde, Chine, Caraïbes, Golfe du Mexique, Andes, Amazonie... Il souligne que "Agir pour le climat c'est agir pour la paix". Ce message est repris par le Secrétaire Général de l'ONU Ban Ki-Moon et a été entendu par le Conseil de Sécurité de l'ONU qui vient de livrer un rapport sur le "Changement climatique comme risque pour la sécurité"

Nous voyons que le fond du problème du changement climatique n'est pas seulement environnemental, il n'est pas seulement économique. Il est un enjeu de développement, un enjeu de paix, je dirais qu'il pose aux pays développés un défi éthique, un défi moral.

Au cours du siècle dernier, durant le 20è siècle, le droit international s'est renforcé, il reconnaît les génocides, les crimes contre l'humanité. Il faut que le droit international du 21iè siècle s’enrichisse encore pour faire face à de nouvelles natures de responsabilités, à de nouveaux types de victimes

Face aux catastrophes humanitaires qui se préparent, les pays industrialisés ne peuvent pas éluder la question de la réparation vis-à-vis des populations les plus exposées aux changements climatiques. Comme souvent, les victimes ne sont pas responsables de ce qui leur arrive. Les pays en développement subissent les conséquences de notre développement. Dans n’importe quel système de droit, celui qui est responsable de l’inondation de l’appartement de son voisin doit réparer les dégâts

Le droit international devrait prendre en compte les notions nouvelles de responsabilité écologique pour les zones sinistrées. La dimension humaine des catastrophes climatiques ne peut rester ignorer du droit international et je plaide pour que soit reconnu le statut de réfugié écologique.

Les pays membres du G8 devraient prendre la mesure de la situation historique dans laquelle nous nous situons. Ils ne doivent pas fuir leurs responsabilités mais au contraire il leur appartient de contribuer à faire progresser la conscience de l'Humanité.

Je vous remercie."



01/07/08 - 29 avril-6 mai 2008 : Françoise Castex participait à une mission parlementaire au Burkina-Faso sur la santé de la procréation et la lutte contre le paludisme.

Le "Réseau parlementaire européen pour la Population et le développement" (EPF) et l'ONG française "Equilibre et Population" organisaient du 29 avril au 6 mai une mission au Burkina-Faso dans l'objectif de développer les relations avec les parlementaires burkinabé qui viennent de se constituer en Réseau parlementaire Population et Développement. Cette mission se déroulait quelques jours après la première "journée mondiale du paludisme" du 25 avril. La mobilisation contre le paludisme est indissociable des questions de développement et de santé de la femme et de l'enfant.

En effet, plus d'un million de personnes dans le monde décèdent chaque année du paludisme dont 90% en Afrique. En grande majorité, il s'agit de femmes enceintes et d'enfants de moins de 5ans pour lesquels, le paludisme constitue la première cause de mortalité. En Afrique, un enfant meurt du paludisme toute les trente secondes.
Pourtant, le paludisme est une maladie que l'on sait guérir et que l'on sait prévenir.
Il suffirait que les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans dorment sous des moustiquaires imprégnées d'insecticide pour réduire les cas d'infection de manière significatives: le Vietnam a divisé par 100 le nombre de cas en 10ans. Au Brésil, en Ethiopie le nombre de décès d'enfant à diminué de 50 et 60% en moins de 10 ans.

En Afrique de l'Ouest ce sont moins de 2% des personnes vulnérables qui bénéficient de moustiquaires imprégnées. Il y a d'abord un problème de production. Seulement 63 millions de moustiquaires sont produites dans le monde alors que 250 millions serait nécessaires pour couvrir 80% des besoins en Afrique. Le déficit est dû à la faible rentabilité de ce marché tant que les organismes internationaux et les gouvernements ne décident pas une distribution de masse.

Au Burkina Faso, qui n'est pas le plus pauvres des pays de l'Afrique de l'Ouest, on recense moins de 600 000 moustiquaires pour un besoin dix fois supérieur. Par contre, on compte déjà plus de 2,5 millions de téléphones portables en service....
Il y a surtout un problème de sensibilisation des pouvoirs publics qui doivent prendre conscience de ce fléau et de son poids sur le développement (la Banque Mondiale estime que le paludisme est responsable d'une perte annuelle de PIB de 12 milliard de dollars pour l'Afrique Sub-saharienne).
La mission au Burkina Faso a permis de voir les effets de cette prise de conscience très inégale encore dans le pays. Quelques ONG locales sont déjà très actives auprès de la population, jusque dans des villages très isolés de brousse, pour distribuer et sensibiliser à l'utilisation des moustiquaires. Ses actions doivent être systématisées par les pouvoirs publics.

Au niveau international a été créé en 1998, à l'initiative de l'OMS, de l'UNICEF, du PNUD et de la Banque mondiale, le partenariat "Roll-back Malaria" (Faire reculer le paludisme). Ce partenariat estime les besoins de financement pour lutter contre le paludisme à 3,2 milliards de dollars. A ce jour, seul un tiers des besoins est couvert par l'intermédiaire du Fonds Mondial Sida, Tuberculose, Paludisme.

22/02/08 - Françoise CASTEX en mission au Niger sur les questions de démographie et de santé de la procréation.

Du 5 au 11 février 2008, le Forum parlementaire européen pour la population et le développement a invité Françoise Castex et quatre autres parlementaires nationaux à une mission au Niger pour rencontrer leurs homologues nigériens sous l’égide des Nations Unies.

 

Alors que l’Europe s’inquiète de la baisse de sa démographie, certains pays doivent faire face à des taux de natalité affolants. Avec un taux de natalité de 7 enfants par femme, le Niger, un des pays les plus pauvres du monde, détient le record mondial de croissance démographique. Aujourd’hui 13 millions d’habitants, la population nigérienne pourrait compter 26 millions d’habitants en 2015 et 57 millions en 2050 soit en quarante ans une augmentation égale à celle de la France en 400ans !

Pour le Niger, pour les bailleurs internationaux d’aide au développement, une véritable course de vitesse s’est engagée, pour la santé des femmes et des enfants, pour la scolarisation, pour l’accès à l’eau car les moyens devraient doubler d’ici 2012 pour maintenir le statu quo, quadrupler pour enregistrer des progrès.

Parlementaires européens et nigériens ont évoqué les mesures urgentes à prendre (interdiction du mariage précoce, développement de la contraception féminine) malgré l’influence forte de la tradition et de la religion. (Voir sur le site nigérien de l’UNFPA, le compte-rendu plus détaillé de la mission)

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