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SOCIAL

Réalité sociale : La sonnette d'alarme retentit dans le vide

Le Parlement Européen a adopté le rapport de Mme Elizabeth LYNNE (ALDE, RU) sur le bilan de la réalité sociale en Europe qui rappelle que près de 78 millions d’européens vivent aujourd’hui dans la pauvreté et que l'Union compte quelque 8% de travailleurs pauvres.

Face à ce constat alarmant, les parlementaires européens viennent de rappeler que le renforcement de la cohésion sociale, l'éradication de la pauvreté et l'exclusion sociale doivent devenir des priorités politiques de l’UE, et, accueillent dès lors avec satisfaction la future proposition de la Commission visant à déclarer 2010 "Année européenne de la lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale".

Françoise Castex avec ses deux assistantes parlementaires, Nadia et Karima.

Echange de bonnes pratiques

Si les parlementaires européens approuvent par ce vote la méthode ouverte de coordination dans le domaine social, ils demandent néanmoins que d’autres mesures soient mises en œuvre telles que l’échange de meilleures pratiques entre les États membres dans le domaine de la lutte contre la discrimination sur le marché du travail.

Pour se faire, Françoise Castex rappelle l'urgence de faire appliquer de manière effective  la directive sur l'égalité de traitement en matière d'emploi, et la législation communautaire en vigueur dans le domaine de l'emploi et de la politique sociale.

Traduire les intentions par des directives sociales

En outre, l'eurodéputée socialiste française souligne le fait qu'on ne pourra réellement améliorer les conditions sociales de tous si on en reste aux discours d'intentions. En ce sens, Françoise Castex souligne quatre points sur lesquels il est urgent de légiférer: 

Ø  La Commission doit proposer des directives en vue de combattre la discrimination en matière d'accès aux biens et aux services. Le partage du progrès et de la croissance est un élément fondamental du modèle social européen.

Ø  Elle doit reconnaître le rôle majeur joué par les services publics dans la cohésion sociale et la nécessité de disposer de services publics universellement accessibles. 

Ø  Elle doit investir massivement dans l'apprentissage et la formation tout au long de la vie indispensable pour permettre aux travailleurs de valoriser leurs acquis tout au long d'un cycle de vie active. 

Ø  Elle doit permettre l'extension de droits existants (notamment les droits à formation) aux femmes, et promouvoir une organisation du temps de travail rendant compatible vie professionnelles et vie familiale

Un salaire minimum dans les états membres

La résolution adoptée par le Parlement Européen se penche également sur la question maintes fois évoquées du "salaire décent". Sur cette question, l'assemblée plénière estime que les États membres doivent mettre en place un salaire minimum décent au niveau national en coopération avec les partenaires sociaux, afin de rendre le travail financièrement viable.

Pour Françoise Castex, dans de nombreux États membres, le salaire minimum reste à un niveau très bas, parfois, en-dessous du seuil de pauvreté, et l'eurodéputée socialiste française plaide pour que plusieurs critères interviennent dans le calcul du salaire minimum qui devrait notamment prendre en compte le salaire médian et le seuil de pauvreté dans chaque Etat membre.

D’autres mesures sont réclamées par les parlementaires européens pour lutter contre des facteurs aggravant de l’exclusion sociale et de la pauvreté, tels que: la lutte contre la dépendance liée aux jeux de hasard, le surendettement, le manque de logements décents.

Pour Françoise Castex, l'objectif d'égalité sociale appelle davantage de redistributions.

La répartition des richesses de l'Union entre régions riches et régions pauvres est le défi à relever. Des services publics européens de l'énergie, des transports etc,...pourraient aussi y contribuer : "Nous devons affirmer que ces secteurs doivent être protégés des profits marchands au risque d'en priver les plus pauvres" déclare l'eurodéputée socialiste française.



Situation sociale en Europe en 2004

"Le Bilan de la situation sociale européenne en 2004" établi par la Commission est alarmant et fait le constat d'une forte dégradation durant les trois dernières années. Le rapport sur ce bilan adopté par la commission parlementaire "Emploi et Affaires sociales" proposait des actions concrètes sur la protection sociale et la lutte contre la pauvreté. Nommée contre rapporteure pour le groupe PSE au sein de  la Commission de l’Emploi et des Affaires sociales où elle siège, Françoise CASTEX a déposé de nombreux amendements pour rappeler que le développement social et la lutte contre la pauvreté doivent rester les objectifs communs des Etats membres de l'Union Européenne, au même titre que la croissance et la compétitivité.
(Voir les amendements commentés))

La commission parlementaire avait retenu les propositions de Françoise CASTEX, contre-rapporteur (reconnaissance du droit des salariés à la formation professionnelle continue, l’obligation pour les entreprises d’actions de reconversion pour les salariés en cas de plan social ou de délocalisations). Cependant, le rapport a été rejeté le 8 mars 2005 par la majorité libérale du Parlement européen par 288 contre, 262 voix pour et 73 abstentions, les propositions qu’il contenait aussi. Françoise Castex déplore que la mise en place d’un agenda social soit toujours soumise aux conditions du Pacte de stabilité. C'est quand l'Europe sociale?

 

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