Dans son
journal
Sud Europe express de Septembre 2005,
Françoise Castex alertait ses
concitoyens du fait que la Commission
européenne avait décidé le 16 mars 2005
de supprimer 68 propositions
législatives (soit 31% de l'ensemble des
propositions!) en arguant du fait
"qu'elles ne sont pas totalement
cohérentes par rapport aux priorités
politiques de la Commission".
Parmi ces projets de règlement
supprimés, l'un donnait un statut
juridique à la mutualité, un autre à
l’association européenne.
Face à cet état de fait, le 1er février
2006, Françoise Castex adressait une
question écrite
sur le statut de la mutualité européenne
à la Commission. Elle soulignait que "la
création d'un statut de la mutualité
européenne permettrait la reconnaissance
d'une forme d'entreprise constitutive du
modèle social européen" et interrogeait
la Commission sur l'avenir de cette
proposition de règlement et pour la
garantie le respect des principes
mutualistes.
Le 3 mai 2006, plusieurs parlementaires
dont Françoise Castex, signaient une
déclaration écrite interpellant de
nouveau la Commission et le Conseil sur
le statut de l'association européenne,
pilier de la promotion d'une citoyenneté
active.
Françoise Castex se félicite
que l'amendement qu'elle avait déposé, au nom du groupe PSE,
"invitant la Commission à mettre en place un statut de la
mutualité européenne et de l'association européenne" ait été
adopté le 6 septembre 2006 par le Parlement européen à
l'occasion du vote du rapport sur le Modèle social européen
et espère que cela marque le premier pas vers la définition
d'un véritable statut européen.
Le modèle social européen "reflète un ensemble de valeurs communes fondées sur le maintien de la paix, de la justice sociale, de l'égalité, de la solidarité, sur la promotion de la liberté et de la démocratie et le respect des droits de l'homme". Bien qu'invoqué régulièrement, c'est la première fois que le modèle social européen fait l''objet d'une tentative de définition dans le rapport De Rossa-Peneda adopté ce jour par 507 voix pour, 113 contre et 42 abstentions.
Françoise Castex salue ce rapport d'initiative qui soutient que les politiques sociales ne sauraient être considérées comme un coût mais comme un facteur positif dans la croissance économique de l'UE et constitue ainsi un point d'appui important pour avancer sur la définition du modèle social européen.

06/09/06
-
Intervention de Françoise Castex
devant le Parlement européen en
plénière
Les points essentiels du rapport
Nous observons avec
satisfaction que l'issue de ce travail est à l'avantage des positions
socialistes au mécontentement des rangs de la droite européenne. Ce
rapport réussit, en effet, à combiner les exigences économiques de
l'Union Européenne et attentes légitimes de justice sociale des citoyens
européens.
Emploi. Le rapport
estime que "l'emploi est un facteur déterminant
d'inclusion sociale" et invite les Etats membres "à atteindre les
objectifs spécifiques fixés pour l'emploi, notamment des femmes et des
jeunes, l'investissement dans la recherche et développement, la garde
d'enfants et l'éducation et la formation tout au long de la vie". Il
estime également que "dés lors que l'évolution démographique et le
chômage touchent certaines catégories sociales de façon
disproportionnée, l'Union européenne devrait avoir pour objectif de
garantir un accès égal à un emploi élevé". Par ailleurs, le rapport
reconnait que "l'une des devises clés du modèle social européen est
l'égalité de rémunération pour un même emploi sur le lieu de travail".
Fléxicurité. Ce nouveau concept,
utilisé bien souvent à dessein sans définition précise, recouvre
différentes réalités selon la part respective que l'on octroi à la
flexibilité ou à la sécurité des travailleurs. Le texte adopté propose
une définition acceptable dans le sens où il "reconnait que dans le
cadre de la "fléxicurité", la création et le maintien de mécanismes de
protection sociale adéquats est un préalable indispensable à la
flexibilité, du fait qu'ainsi, une ferme protection est assurée contre
les licenciements abusifs".
Justice fiscale. Le texte adopté
appelle à "une amélioration de la coordination des politiques
fiscales des Etats membres, afin de couper court à une concurrence
néfaste". Il souligne également que "les impôts sur le capital et
la consommation sont restés stables au cours des trente dernières années
tandis que l'imposition du travail augmentait" et estime que "les
Etats membres doivent rechercher d'autres moyens de financer les
systèmes sociaux comme exploiter la valeur ajoutée des entreprises".
Mondialisation. Le rapport
considère "que l'Union européenne est capable d'exercer une influence
positive ou négative sur les économies de beaucoup d'autres régions du
monde selon la manière dont elle mène ces échanges, tant en ce qui
concerne son rôle au sein de l'OMC qu'en ce qui touche aux conditions
qu'elle applique et aux accords conclus avec des régions et des pays
moins développé". Il invite également la Commission à "respecter
le pilier de l'économie sociale, clé de voûte du modèle social
européen".
Les garanties sur les retraites et les services publics rejetées par la droite européenne
En dépit de ces
points positifs, Françoise Castex regrette le rejet par la droite
européenne, dont des parlementaires UMP français, de son amendement
précisant qu'il ne peut être question de " remettre en
cause le droit fondamental à la retraite, à partir de l'âge maximal
légal, ni de pénaliser financièrement les travailleurs qui partent à la
retraite à l'âge légalement autorisé". "Les pensions devraient
être suffisamment financées pour permettre aux travailleurs de partir à
la retraite avec un revenu adéquat, explique-t-elle."
"La Droite européenne, en rejetant cet amendement, fait connaître ses
intentions de remettre en cause l'âge légal de départ à la retraite. Il
faudra nous y opposer" poursuit Françoise Castex.
Sous la pression de la droite majoritaire au Parlement européen, la référence à la mise en œuvre d'une directive cadre sur les services publics (SIG et SIEG) a été retirée du rapport. La conséquence étant qu'en l'absence d'un cadre juridique européen pour les services publics, leur rôle, leur mode gestion et leur financement peuvent être remis en cause au nom de la loi du marché et de la concurrence.