23/10/07 - Des fonds européens pour les salariés licenciés de Peugeot-Citroen et de Renault
Le Parlement Européen mobilise pour la première fois le Fond européen d'ajustement à la mondialisation (FAM), créé le 20 décembre 2006, pour aider les salariés de Peugeot-Citroën et Renault, victimes des restructurations du secteur de l'industrie automobile.
Opérationnel depuis le 1er janvier 2007, le FAM va donc apporter une aide aux salariés de Peugeot-Citroën et de Renault à raison de 2 558 250 euros pour Peugeot-Citroën, et de 1 258 030 euros pour Renault.
La Commission européenne qui avait jugé recevable ces deux demandes vient d'obtenir l'approbation du Parlement Européen.
Par cette décision, le FAM devient désormais un instrument effectif de la politique européenne visant à intervenir dans le cadre de licenciements consécutifs aux délocalisations. Il a pour but d'apporter une aide financière dès que plus de 1000 travailleurs d'un secteur d'activité sont victimes " de profondes mutations structurelles des relations commerciales mondiales".
En 2007, aucun dossier n'avait encore émargé au FAM doté d'un budget total de 500 millions d’euros est donc toujours disponible. La Commission vient d'enregistrer une nouvelle demande destinée à venir en aide aux travailleurs du secteur de la téléphonie mobile licenciés en Allemagne et en Finlande pour un montant de 14,794 millions d'euros.
13/12/06 - Mise en place d'un Fonds européen d'ajustement à la mondialisation.
Le Parlement européen a adopté le 13 décembre 2006, le rapport créant naissance à un Fonds européen d'ajustement à la mondialisation (rapport Roselyne Bachelot-Narquin) pour aider financièrement les salariés ayant perdu un emploi suite à des restructurations et délocalisations d'entreprises dues à la mondialisation.
Suite à son adoption par le Parlement européen, le
Fonds européen d'ajustement à la mondialisation (FEM) pourrait donc voir
le jour dès le 1er Janvier 2007 et délivrer une aide annuelle globale
pouvant aller jusqu'à 500 millions d'euros. Françoise Castex se félicite
que "pour la première fois, une disposition européenne traite des
effets négatifs de la mondialisation économique. L'Union européenne
jusqu'alors en vantait les aspects positifs alors que les
travailleurs européens licenciés en raison de "modifications majeures de
l'économie causées par la mondialisation" assumaient seuls les
conséquences économiques souvent catastrophiques." L'eurodéputée
socialiste regrette néanmoins l'insuffisance du montant alloué à ce
fonds et de manière générale, juge "anormal
que les entreprises qui délocalisent
leurs productions pour augmenter leurs bénéfices laissent à la
collectivité (Etats membres comme Union Européenne) la prise en charge
des salariés victimes de leur départ".
La mise en œuvre du Fonds européen d'ajustement à la mondialisation doit
donc être considérée comme une étape d'une véritable stratégie
européenne de la mondialisation. De l'avis de Françoise Castex, elle ne
trouvera sa légitimité auprès des citoyens européens que si elle
s'accompagne des protections de l'Europe sociale.
Les cas
éligibles à l'aide du fonds européen d'ajustement à la mondialisation
Il s'agit de permettre aux salariés confrontés aux
délocalisations, restructurations ou faillites de leur entreprise de
pouvoir se réinsérer sur le marché du travail en faisant valoir leurs
qualifications et compétences ou en accédant à une formation. La
Commission de l'Emploi et des affaires sociales, dont est membre
Françoise Castex, a voulu garantir que les travailleurs les plus
vulnérables et les moins qualifiés des secteurs les plus gravement
touchés par les délocalisations économiques puissent bénéficier de cette
aide. Trois catégories de travailleurs pourront être éligibles à cette
aide:
à partir de 1000 salariés d'une même entreprise licenciés, y compris les sous-traitants en amont et en aval.
à partir de 1000 salariés d'un même secteur économique licenciés et dans une zone géographique regroupant deux régions comptant au minimum 6 millions d'habitants. Ces critères de branches et géographique traduit bien l'idée d'un choc ayant un impact économique et social lourd. Nous pouvons penser à des zones géographiques fortement spécialisées, par exemple sur le textile ou sur l'automobile.
pour les salariés ne répondant pas aux deux premiers critères, une clause prévoit de considérer tout de même le versement d'une aide si la disparition d'une entreprise ou d'un secteur sur des petits marchés du travail se révèle avoir néanmoins un "impact social réel sur le terrain". Ce troisième critère ne comprend pas de seuil minimum pour le nombre de salariés salariés et permet de prendre en compte de petits secteurs qui ont un impact économique et social important. Le FEM devra ainsi alloué 15% de son budget total à ce type de cas.
Comme les délocalisations économiques ne sont pas nécessairement concentrées dans un seul pays, les Etats membres pourront soumettre des demandes communes d'aide au Fonds.
les
mécanismes prévus pour sa mise en oeuvre
Suite à un sinistre social, ce sera à un Etat membre de
déposer un dossier auprès de la Commission européenne. Ce dossier devra
ensuite être validé par l'autorité budgétaire soit le Conseil et le
Parlement.
L'aide est intégralement destinée à venir en aide aux salariés victimes
d'un choc économique dû à la mondialisation et ne pourra en aucun cas
servir à financer une aide aux entreprises en difficulté.
Elle pourra être versée de manière
directe aux travailleurs sous forme de revenus de complément
d'activité (comme les allocations de recherche d'emploi ou les
allocations de mobilité), ou de manière indirecte à travers
des services personnalisés de réinsertion professionnelle aux
travailleurs ayant perdu leur emploi comme
l'aide à la recherche d'un emploi, l'orientation professionnelle, la
formation, la certification de l'expérience acquise ou l'aide au
reclassement.
Par ailleurs, à la demande des députés, la Commission créera un site
Internet dans toutes les langues communautaires, pour fournir de
l'information sur le FEM, ses lignes directrices et sur la procédure de
dépôt des dossiers avec des informations à jour sur les dossiers retenus
et les dossiers refusés.
Le financement du
Fonds européen d'ajustement à la mondialisation
Françoise Castex tient à souligner que "la dotation
financière du FEM reste néanmoins largement insuffisante et constitue
son point faible." En effet, avec 500 millions d'euros alloués
annuellement pour sept ans alors même que le Président de la Commission
européenne lui-même réclamait 1 milliard d'euros de dotation annuelle,
il est évident que le montant alloué est très insuffisant...s'il est
réellement mis à disposition. L'aide européenne s'articulera avec une
aide nationale : chaque demande sera donc systématiquement en
co-financement à hauteur de 50% par un Etat membre et 50% par l'Union
européenne.
" Le FEM doit être doté d'un fonds financier bien plus important"
déplore Françoise Castex.
Par ailleurs, les crédits nécessaires au financement du Fond européen
d'ajustement à la mondialisation n'ont fait l'objet d'aucune dotation
spécifique dans les perspectives financières. La seule solution
envisagée pour créditer le FEM est de le financer par des crédits
d'engagement annulés ou grâce aux marges qui pourraient se dégager du
budget 2007-2013. Or ces marges ne seront pas forcément dégagées
puisque, de manière générale les dépenses de l'Union européenne
dépassent les prévisions budgétaires. Par conséquent, si le FEM est
aujourd'hui théoriquement créé, rien ne garantit son fonctionnement
pratique.
On peut donc craindre qu' il s'agisse pour l'instant davantage d'une
mesure d'annonce et d'affichage que d'une réponse réelle aux désordres
sociaux engendrés par la mondialisation.
Au-delà de cette interrogation quant au fonctionnement du Fonds européen d'ajustement à la mondialisation, Françoise Castex s'interroge sur la réalité même du Fonds européen d'ajustement à la mondialisation et sur la volonté réelle de l'Union européenne à trouver les solutions aux désordres sociaux engendrés par la mondialisation économique. D'autre part, la Députée européenne socialiste appelle à la vigilance sur le fonctionnement futur du FEM pour qu'il bénéficie réellement à des plans sociaux durables : "il serait anormal que ce soit des fonds publics qui servent à financer les catastrophes sociales provoquées par des entreprises qui, en délocalisant ou en restructurant, cherchent à augmenter leurs bénéfices. Ce serait donc les salariés européens qui paient le prix des revenus croissants des actionnaires, ce qui constitue une vision quelque peu inversée de la "solidarité européenne"!
Deux rapports ont été adoptés les mardi 14 et mercredi 15 mars 2006 sur les problèmes de délocalisations d'entreprises (rapport Hutchinson) et de restructurations (rapport Cottigny). Ces deux rapports, auxquels Françoise Castex a contribué en déposant des amendements mais aussi en intervenant lors du débat en séance plénière, visent à répondre et à apporter des solutions face à la multiplication des délocalisations d'entreprises et des restructurations.
Selon le rapport d'Alain
Hutchinson (PSE, Belgique), la Commission devrait pénaliser
sévèrement les sociétés bénéficiaires d'une aide financière
de l’UE qui délocalisent leurs activités dans un délai de
sept ans. Le Parlement européen exige que les pratiques qui
ne favorisent ni la cohésion économique ni l’objectif
stratégique du plein emploi - comme les relocalisations
injustifiées susceptibles de faire disparaître des postes de
travail - ne soient en aucun cas financées par des fonds
européens.
Avec la même volonté de protection des
travailleurs européens, le second rapport (adopté par 463
voix pour, 142 contre et 58 abstentions) vise à prévoir et
anticiper les conséquences sociales des restructurations. Le
rapport mentionne que les restructurations ne devraient en
effet intervenir "que lorsqu'elles sont justifiées, c'est à
dire pour sauver des emplois ou améliorer la compétitivité
et le développement économique des entreprises". A cet
égard, Françoise Castex a amendé le rapport et souligné
"qu'il convient de distinguer les restructurations
d'entreprises liées à des facteurs externes à la production
et les restructurations liées à des responsabilités internes
à l'entreprise".
Elle affirme par ailleurs qu'il est
"anormal que les entreprises qui délocalisent leurs
productions pour augmenter leurs bénéfices laissent à la
collectivité (Régions, Etats membres, UE...) la prise en
charge des salariés victimes de leur départ".
Les députés préconisent une réorientation des fonds communautaires
(Fonds FEDER et FSE) vers les PME pour une meilleure gestion
et une meilleure anticipation des restructurations. Les
aides devraient par ailleurs être consacrées aux salariés
licenciés afin de "prendre en compte la dimension humaine de
ces enjeux". Il est également demandé que soit créé un
"guichet européen sur Internet pour tous les citoyens, les
pouvoirs locaux, les partenaires sociaux et les entreprises
concernées, qui leur permette de s'informer sur la
problématique des restructurations".
En adoptant ces deux
rapports à une très large majorité, le Parlement européen
marque sa volonté d'engager l'UE dans une stratégie efficace
de lutte contre les délocalisations.
Deux rapports relatifs au problème des délocalisations d’entreprises (Rapport Hutchinson) et des restructurations (Rapport Cottigny) sont actuellement en examen au Parlement Européen. Françoise Castex a déposé des amendements visant à faire reconnaître la responsabilité des entreprises dans la destruction des emplois liée à une délocalisation.
Depuis plusieurs années, les phénomènes de délocalisations et de
restructurations ne cessent de se multiplier, suscitant, à juste titre,
la vive inquiétude de l’opinion publique et de ses représentants tant
leurs effets sur l’emploi, les conditions de travail et l’économie
locale représentent un coût social et humain douloureux.
Il faut
cependant distinguer les délocalisations réalisées au sein même de
l’Union européenne, de celles réalisées en dehors de celle-ci (en
particulier vers la Chine, puis l’Afrique du Nord, l’Amérique du Sud et
les autres pays d’Asie).
Au sein de l’Union européenne, la libre
circulation des personnes, des biens et des capitaux permet aux
entreprises de fermer un site d’exploitation dans les anciens pays
membres pour transférer la production vers les nouveaux Etats membres de
l’Europe de l’Est. C'est ce que l'on nomme "la délocalisation
d'entreprise". Dans l’un de ses amendements, la députée européenne
considère notamment « qu’il convient de ne pas décharger les entreprises
des responsabilités qui leur incombent ».
La question est, selon le
rapporteur Alain Hutchinson, de savoir si « Tuer des emplois dans les
anciens pays membres pour créer des nouveaux à l’Est est une
solution ? ». Les salariés européens sont également désireux d’accéder à
l’emploi et tous les états membres ont pour ambition légitime leur
développement économique. Mais le développement économique de certaines
régions ne doit pas se faire au détriment d’autres régions.
Cela ne doit
pas se faire non plus par un chantage à l’emploi note Alain Hutchinson,
qui souligne le fait d’entreprise qui « menacent de délocaliser leurs
activités pour faire accepter à leurs travailleurs une réduction de
leurs conditions de travail. (…) Ces entreprises importent des
conditions de travail externes, de sorte que l’on peut qualifier ce
phénomène de délocalisation inversée ».
Françoise Castex réaffirme donc
réaffirme donc la nécessité d’une véritable politique de solidarité
entre les régions et engage l’harmonisation des systèmes sociaux et
fiscaux européens, seule façon de mettre fin à la concurrence entre les
salariés européens.
L'Union européenne est également confrontée au
phénomène de "délocalisation fiscale". Rien qu’en France, en 2004, plus
de 500 entreprises ont mis en place des montages juridico-financiers qui
se traduisent par une perte d’impôts pour la France de prés de 32
milliards d’Euros et un manque à gagner de 30% à 40% de taxe
professionnelle pour les collectivités locales.
Françoise Castex estime
« qu’il est anormal que les entreprises qui délocalisent leur production
pour augmenter leurs bénéfices laissent à la collectivité (Union
Européenne, Etats, Régions) la prise en charge des salariés victimes de
leur départ » et s’oppose aux propositions de la Commission Européenne
visant à dégager, sur le budget de l’UE, les moyens financiers pour
prendre en charge les conséquences sociales des délocalisations.
Loin de favoriser la compétitivité de l’économie européenne au sein d’une économie mondialisée, la délocalisation d’entreprises relève de pratiques peu scrupuleuses et l’Union Européenne devra mettre en place à court terme une véritable stratégie de lutte contre les délocalisations et un système de sanction financière vis-à-vis des entreprises qui délocalisent leur unité de production ou leur fiscalité.