Une solidarité tardive
Lundi 10 mai 2010
Au pied du mur, ils ont enfin réagi. Seize pays de la zone euro, le Conseil européen, la Commission et la Banque centrale européenne (BCE) se sont mis d’accord à l’arrachée, dans la nuit du dimanche à lundi 10 mai, sur la mise en place d’un plan de secours historique allant jusqu’à 750 milliards d’euros pour aider les pays de la zone euro.
La création d’un fonds de soutien pour les membres de la zone euro en difficulté ressemble enfin à une solution. Devant la gravité de la situation, les chefs d’Etats européens ont enfin fait taire leurs dissensions pour signifier aux spéculateurs et agences de notation qu’aucun Etat ne serait laissé sur le bord de la route. Que l’euro sera défendu ! On peut saluer le geste politique fort, même s’il est tardif.
D’autant que cette solution fait sauter les tabous :
L’autorisation de l’emprunt communautaire. La mise en œuvre d’un « mécanisme de stabilisation visant à préserver la stabilité financière de la zone euro » revient à autoriser l’emprunt communautaire jusque là interdit par les textes des traités européens.
Une rupture implicite avec l’indépendance de la BCE. La Commission européenne est autorisée à émettre de la dette sur les marchés et la BCE à en racheter une partie à des taux quasi-nuls.
Il était temps. Pour Françoise Castex, il s’agit maintenant de faire émerger les responsabilités de cette crise et d’en tirer les conséquences en bâtissant enfin de la régulation économique.
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