Françoise Castex demande un moratoire sur la libéralisation de la Poste
Mercredi 14 avril 2010
Des postiers, des syndicalistes, des parlementaires européens et des usagers-citoyens ont manifesté aujourd’hui devant le Parlement européen pour réclamer l’arrêt de la libéralisation du marché postal. Françoise Castex qui s’est opposée aux différentes étapes de la libéralisation de la Poste s’associe à la demande d’un moratoire sur l’application de la libéralisation totale.
Libéralisation, où en est-on ?
Au 1er janvier 2011, l’Union européenne terminera le processus de libéralisation du service postal entamé il y a 15 ans. Les eurodéputés socialistes avaient voté le 11 juillet 2007 contre la dernière directive postale qui a aboli le domaine réservé (ouverture du marché du courrier domestique de moins de 50 grammes) parce qu’ils considéraient que l’activité de distribution du courrier domestique devait rester une activité du service public, financé par péréquation tarifaire interne.
Des pays tel que la Suède, précurseur dans le domaine, ont totalement et rapidement libéralisé l’ensemble du secteur postal dès le début des années 1990. L’Allemagne a également dès 1995 ouvert le capital de l’ancien monopole public.
Quel est le problème ?
Une étude mondiale conduite par le syndicat Uni Europe, Poste et logistique montre que la libéralisation du marché postal a eu pour effet majeur la dégradation de la qualité du service postal mais aussi des suppressions d’emplois et des atteintes aux conditions de travail.
La directive postale demandait aux Etats membres de fournir des études sur les conséquences de la libéralisation. Cela est resté lettre morte alors que ces mêmes Etats se sont empressés d’ouvrir leur marché.
Et en France ?
La libéralisation de la Poste connait une forte opposition. Sous l’impulsion des Collectif de défense du service public de la Poste réunissant syndicats, organisations politiques et associations citoyennes, trois millions de personnes ont en effet participé en octobre 2009 à la votation citoyenne contre la privatisation de la Poste. Si cette mobilisation a ralenti le processus elle n’est cependant pas parvenue à le stopper. La Poste doit désormais trouver de l’argent, 3 milliards d’euros selon son président Mr Bailly, pour faire face à une concurrence de plus en plus féroce dans le cadre d’une économie globalisée avec de grands concurrents allemands, hollandais ou britanniques très dynamiques. Ce besoin de financement pourrait tout à fait être assuré par l’Etat au titre des aides d’Etat pour le financement des missions de services publics. Mais le gouvernement français a fait le choix de transformer l’entreprise publique en société anonyme partielle, tout en laissant penser que c’est Bruxelles qui le contraint.
Un moratoire permettrait d’obtenir de nouvelles études et des garanties pour les travailleurs comme les usagers de la poste quant au financement du service universel et le respect des conditions sociales.
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