1989, l’année des révolutions
Mercredi 14 octobre 2009
Le 9 novembre 1989, le mur de Berlin tombait, mettant fin à de longues décennies de domination soviétique en Europe de l’Est. Mais au-delà de ce moment hautement symbolique, la désintégration de l’Union soviétique et de ses alliés – voire satellites – communistes fut le fruit d’un processus plus complexe. Vingt ans après, de nombreux pays de l’Europe centrale et orientale ont rejoint l’Union européenne. Retour sur une année qui a changé la face de l’Europe.
Les émeutes antisoviétiques à Berlin en 1953 ainsi que le soulèvement hongrois de 1956 avaient montré que la remise en cause du pouvoir communiste ne pouvait se faire sans violence. Plus tard, en 1968 à Prague et en 1980 en Pologne, la dissidence fut écrasée, laissant cependant derrière elle un espoir de changement. Comment l’année 1989 vit-elle la chute presque pacifique de l’empire soviétique en Europe de l’Est ? Réponse en quelques dates.
Chronologie de l’année 1989
Février – avril : pourparlers entre le parti communiste polonais et le mouvement de protestation Solidarnosc
Mars : environ 80 000 manifestants se réunissent à Budapest pour réclamer la démocratie. Table ronde avec l’opposition en Hongrie.
4 et 18 juin : lors des élections en Pologne, Solidarnosc remporte 99 des 100 sièges au Sénat et les 161 sièges au Sejm (la chambre des représentants).
27 juin : les ministres des affaires étrangères de l’Autriche et de la Hongrie coupent symboliquement les barbelés à la frontière entre les deux pays.
19 août : ouverture symbolique de la frontière entre l’Autriche et la Hongrie pour un « pique-nique paneuropéen » de trois heures.
23 août : deux millions de personnes forment une chaîne humaine de 600 kilomètres à travers l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie afin d’attirer l’attention sur le sort des pays baltes et marquer le cinquantenaire du pacte Molotov-Ribbentrop entre l’Allemagne et l’Union Soviétique, pacte qui mena à l’occupation des trois pays.
24 août : Tadeusz Mazowiecki, de Solidarnosc, devient Premier ministre polonais suite à l’échec du candidat communiste à former un gouvernement.
11 septembre : le gouvernement hongrois annonce que les réfugiés d’Allemagne de l’Est ne seront pas renvoyés chez eux mais autorisés à passer à l’Ouest. 13 000 Allemands de l’Est rejoignent ainsi la RFA via la Hongrie.
9 octobre : plus de 70 000 personnes se réunissent pour une manifestation à Leipzig, en Allemagne de l’Est, avec pour slogan « Wir sind das Volk » (« Nous sommes le peuple »).
18 octobre : Erich Honecker démissionne de son poste de Secrétaire général du Parti communiste en Allemagne de l’Est.
4 novembre : plus d’un million des personnes se réunissent pour une manifestation sur l’Alexanderplatz à Berlin-Est.
9 novembre : le mur de Berlin tombe et les gens affluent vers l’Ouest.
17 novembre : la « révolution de velours » en Tchécoslovaquie fait tomber le gouvernement communiste.
16 décembre : des manifestations éclatent à Timişoara, en Roumanie, en réponse à la tentative du gouvernement d’expulser le pasteur dissident László Tőkés (aujourd’hui député européen). Les étudiants joignent spontanément les manifestations ; les manifestants s’en prennent aux bâtiments du parti. Les troubles gagnent Bucarest, forçant Nicolae Ceauşescu à fuir.
25 décembre : Nicolae Ceauşescu et sa femme sont exécutés.
Et ensuite…
En 1990 l’Allemagne est réunifiée tandis qu’à Varsovie le leader de Solidarnosc, Lech Walesa, est élu président. En décembre 1991, l’URSS disparaît, laissant place à la Communauté des Etats indépendants (CEI).
Source: Parlement européen
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